Elantris, les Fils-des-Brumes, Les Archives de Roshar : la plupart des romans de fantasy de Brandon Sanderson semblent indépendants, avec leurs mondes, leurs héros et leurs magies. Pourtant, ils appartiennent tous à un même univers, le Cosmère. Des personnages passent d’un livre à l’autre, une même cosmologie relie toutes les planètes, et une histoire secrète se dessine en arrière-plan, roman après roman.
Ce guide vous explique ce qu’est le Cosmère, présente ses mondes et leurs livres, les Éclats qui le gouvernent, les personnages qui voyagent entre les séries, et l’ordre de lecture à suivre selon votre profil. Nous avons pris soin de ne rien dévoiler des intrigues : vous pouvez lire cette page avant d’ouvrir votre premier Sanderson.
Qu’est-ce que le Cosmère ?
Le Cosmère est l’univers partagé dans lequel se déroulent la plupart des romans de fantasy de Brandon Sanderson. Il repose sur un mythe fondateur :
- à l’origine existait Adonalsium, une entité toute-puissante, souvent comparée à un dieu ;
- il y a très longtemps, un groupe de seize personnes a tué et fragmenté Adonalsium ;
- ses pouvoirs se sont divisés en seize Éclats (Shards), chacun incarnant une qualité, comme la Préservation, la Ruine, l’Honneur ou la Culture ;
- chacun de ces seize « vaisseaux » a hérité d’un Éclat et est devenu une sorte de dieu ; beaucoup se sont installés sur une planète, où leur pouvoir a donné naissance à un ou plusieurs systèmes de magie.
Le lecteur n’a pas besoin de connaître ce mythe pour apprécier les livres. Chaque série se lit seule. Mais plus on en lit, plus les liens apparaissent, et plus le puzzle devient passionnant.
Sanderson prévoit que le Cosmère s’étendra sur des dizaines de livres et plusieurs époques, de mondes médiévaux jusqu’à une ère de voyages spatiaux.
L’Investiture, une seule énergie pour toutes les magies
Le concept clé du Cosmère s’appelle l’Investiture. C’est l’énergie divine laissée par Adonalsium, que chaque Éclat détient et diffuse sur son monde. Toutes les magies des livres, si différentes soient-elles, puisent à cette même source : brûler du métal sur Scadrial, aspirer la lumière des tempêtes sur Roshar ou transmettre son souffle sur Nalthis sont trois façons d’utiliser une seule et même force.
Ce qui change d’un monde à l’autre, c’est la forme que prend cette énergie. Elle dépend de l’« intention » de l’Éclat (la Préservation protège, la Ruine détruit, l’Honneur lie par des serments), mais aussi de la géographie, de la culture et des croyances des habitants. C’est une idée très féconde : elle explique pourquoi les magies sont si variées, tout en promettant qu’un personnage venu d’ailleurs pourra un jour comprendre, ou détourner, la magie d’un autre monde.
Les trois Royaumes
Le Cosmère repose aussi sur une métaphysique commune. Chaque chose y existe dans trois Royaumes :
- le Royaume physique, celui de la matière, où vivent les personnages ;
- le Royaume cognitif, celui de la perception et de la pensée, qui prend la forme d’un monde parallèle étrange, fait de perles et de mers obscures, que les lecteurs des Archives de Roshar découvrent sous le nom de Shadesmar ;
- le Royaume spirituel, celui de l’essence des choses, hors du temps et de l’espace, où sont inscrits les liens qui unissent un être à son peuple, à sa terre ou à son nom.
Cette architecture n’a rien d’un simple décor. Les magies les plus subtiles de Sanderson consistent à modifier l’un de ces aspects : réécrire l’histoire spirituelle d’un objet, convaincre un objet qu’il est autre chose, voyager par le Royaume cognitif d’une planète à l’autre. C’est aussi par ce biais que les voyageurs du Cosmère passent d’un monde à l’autre.
Un projet né très tôt
Sanderson a imaginé les grandes lignes du Cosmère avant même de publier son premier roman. Plusieurs manuscrits de jeunesse jamais publiés posaient déjà les bases de cette cosmologie, et l’auteur dit avoir conçu dès le départ l’histoire secrète qui relie ses livres. Ce qui ressemble à un univers partagé construit après coup, comme dans certaines franchises de cinéma, est en réalité un plan de longue haleine, ce qui explique que des détails glissés dans Elantris en 2005 prennent sens vingt ans plus tard.
Le principe n’est pas inédit en littérature : Michael Moorcock reliait ses héros par son multivers du Champion éternel, et Stephen King rattache une bonne partie de son œuvre à La Tour sombre. Mais personne n’a poussé aussi loin la cohérence physique de l’ensemble. Le Cosmère est moins un clin d’œil entre romans qu’une véritable cosmologie, avec ses lois et sa chronologie.
Les mondes du Cosmère et leurs livres
| Planète | Livres | Magie principale | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Scadrial | Fils-des-Brumes : L’Empire ultime, Le Puits de l’Ascension, Le Héros des Siècles ; puis l’ère 2 : L’Alliage de la justice, Jeux de masques, The Bands of Mourning, The Lost Metal | L’allomancie : brûler des métaux ingérés pour obtenir des pouvoirs | La meilleure porte d’entrée |
| Roshar | Les Archives de Roshar : La Voie des rois, Le Livre des Radieux, Justicière, Rythme de guerre, Vent et vérité ; novellas Dansecorde et Éclat de l’aube | Les liens des Chevaliers Radieux avec les sprens | Les amateurs de très grandes fresques |
| Sel | Elantris ; L’Âme de l’empereur | L’AonDor, magie de symboles dessinés | Une histoire complète en un volume |
| Nalthis | Warbreaker | L’Éveil, qui utilise les couleurs et le « souffle » | Un roman indépendant plein d’humour |
| Taldain | White Sand (roman graphique) | La maîtrise du sable | Les lecteurs de bande dessinée |
| Lumar | Tress of the Emerald Sea | Les spores des mers de spores | Un conte léger et drôle |
| Komashi | Yumi and the Nightmare Painter | Les esprits invoqués et la peinture | Une romance fantasy originale |
| Canticle | The Sunlit Man | Une planète brûlée par un soleil mortel | Un récit d’action rapide |
| Threnody, First of the Sun | Nouvelles du recueil Arcanum Unbounded ; Isles of the Emberdark (First of the Sun) | Variées | Les lecteurs déjà conquis |
Les titres en anglais n’ont pas encore de traduction française confirmée au moment où nous écrivons, ou nous n’avons pas pu la vérifier.
Les titres français de Fils-des-Brumes, de l’ère 2, d’Elantris et de L’Âme de l’empereur sont repris d’une liste de lecteurs (SensCritique), ceux des Archives de Roshar de la BDFI. Vent et vérité a paru au Livre de Poche en 2025 (Bookwyrm).
Scadrial : le monde des Fils-des-Brumes
Scadrial est le monde le plus développé du Cosmère après Roshar, et le seul que Sanderson suit déjà sur plusieurs époques. Dans la première ère, le ciel y pleut des cendres, des brumes envahissent la nuit et un empereur immortel règne depuis mille ans sur une population réduite en servitude, les skaa. Kelsier, un voleur charismatique, recrute Vin, une jeune fille des rues qui ignore ses propres pouvoirs, pour un casse d’un genre particulier : renverser l’empire.
La magie de Scadrial est l’une des plus célèbres de la fantasy récente. L’allomancie permet, en « brûlant » de petites quantités de métal avalées, d’obtenir un pouvoir précis : pousser ou tirer le métal, renforcer son corps, apaiser ou attiser les émotions. Deux autres arts métalliques, que l’on découvre au fil de la trilogie, permettent de stocker ses propres capacités dans du métal ou de s’approprier celles d’autrui. Dans l’ère 2, trois siècles plus tard, ce même monde connaît l’électricité naissante, les revolvers et les trains : le justicier Waxillium Ladrian, rentré des terres sauvages, mène l’enquête dans une métropole en pleine révolution industrielle. Sanderson annonce une ère 3 plus moderne encore, puis une ère de science-fiction.
Roshar : le monde des tempêtes
Roshar est balayé à intervalles réguliers par des tempêtes d’une violence inouïe. Toute la vie s’y est adaptée : des plantes qui se rétractent dans le sol, des crustacés géants, des cités abritées dans les failles. Partout flottent les sprens, de petites entités nées des émotions ou des phénomènes naturels, qui apparaissent autour de quelqu’un qui a peur, qui souffre ou qui crée. La lumière des tempêtes, captée dans des gemmes, sert à la fois de monnaie, d’éclairage et de source de magie.
Les Archives de Roshar suivent plusieurs personnages sur fond de guerre interminable : Kaladin, soldat devenu esclave, Shallan, une jeune érudite qui cache un lourd secret, et Dalinar, un seigneur de guerre hanté par des visions. Tous croisent la légende des Chevaliers Radieux, ordres de guerriers disparus depuis des siècles, dont les pouvoirs reposaient sur un lien avec un spren. Dix tomes sont prévus ; Vent et vérité a refermé en 2024 le premier arc de cinq livres, et le second doit se dérouler après une ellipse de plusieurs années.
Sel : Elantris et L’Âme de l’empereur
Sur Sel, la ville d’Elantris abritait autrefois des êtres quasi divins, transformés par une magie mystérieuse. Dix ans avant le début du roman, cette magie a cessé de fonctionner, et les Elantriens sont devenus des parias au corps dégradé. Le prince Raoden est frappé à son tour, tandis que sa fiancée, Sarene, arrive dans un royaume qu’un prêtre étranger, Hrathen, est chargé de convertir. La magie de Sel, l’AonDor, consiste à tracer des symboles dans l’air ; d’autres formes, comme la Forge de L’Âme de l’empereur, permettent de réécrire l’histoire d’un objet ou d’une personne.
L’Âme de l’empereur, récompensée par le prix Hugo, est à nos yeux la plus belle porte d’entrée « courte » du Cosmère : une faussaire emprisonnée dispose de cent jours pour recréer l’âme d’un empereur plongé dans le coma. C’est un huis clos d’une grande intelligence, qui parle d’art, de copie et d’authenticité.
Nalthis : Warbreaker
Sur Nalthis, chaque humain naît avec un « souffle », que l’on peut donner, vendre ou accumuler. Ceux qui en possèdent beaucoup voient les couleurs plus vives, entendent mieux, et peuvent « éveiller » des objets inanimés en y investissant leur souffle et une couleur. Le roman suit deux princesses d’un petit royaume austère : l’une est envoyée épouser le Dieu-Roi d’un voisin puissant et flamboyant, l’autre la suit pour la sauver. Autour d’elles gravitent des dieux revenus d’entre les morts, dont un dieu irrésistible, sceptique sur sa propre divinité, et une épée parlante redoutable.
Warbreaker est le roman le plus drôle de la période initiale de Sanderson, et il a une particularité : l’auteur l’a mis en ligne gratuitement pendant sa rédaction. Il prépare surtout l’arrivée sur Roshar de plusieurs de ses personnages, ce qui en fait une lecture recommandée avant Justicière.
Les mondes plus discrets
Taldain est une planète aux deux faces, l’une baignée d’une lumière perpétuelle, l’autre plongée dans la nuit. Ses maîtres du sable manipulent des rubans de sable grâce à leur eau corporelle, dans White Sand, un roman graphique en trois volumes. Threnody est un monde de forêts hantées par des ombres que le sang versé attire : c’est le décor de Shadows for Silence in the Forests of Hell, l’une des meilleures nouvelles de l’auteur, sur une aubergiste chasseuse de primes. First of the Sun est un archipel où des oiseaux, les Aviars, confèrent des talents à ceux qui les portent ; Sanderson y a placé la nouvelle Sixth of the Dusk, prolongée en 2025 par le roman Isles of the Emberdark.
Les romans de 2023 ont ouvert trois mondes nouveaux. Lumar est couvert d’océans de spores colorées tombées de ses douze lunes, sur lesquels naviguent des pirates ; c’est le décor de Tress of the Emerald Sea, conte facétieux narré par Hoid. Komashi accueille Yumi and the Nightmare Painter, où une jeune fille invoque des esprits en empilant des pierres et un jeune homme chasse des cauchemars en les peignant. Canticle, enfin, est une planète où le lever du soleil incinère tout : le héros de The Sunlit Man doit fuir en permanence la lumière.
Les Éclats d’Adonalsium
Les seize Éclats sont au cœur de la cosmologie du Cosmère. Tous n’ont pas encore été révélés, mais plusieurs jouent un rôle majeur dans les livres :
| Éclat | Monde | Rôle dans les livres |
|---|---|---|
| Préservation et Ruine | Scadrial | Deux forces opposées dont l’affrontement structure toute la première ère des Fils-des-Brumes |
| Honneur, Culture et Odium | Roshar | Le conflit entre Odium, l’Éclat de la haine divine, et les autres structure Les Archives de Roshar |
| Dévotion et Domination | Sel | Deux Éclats détruits, dont les restes alimentent la magie d’Elantris |
| Dotation | Nalthis | L’Éclat généreux à l’origine du « souffle » de Warbreaker |
| Autonomie | Taldain | Un Éclat qui se fragmente en multiples avatars |
| Ambition | Système de Threnody | Un Éclat blessé, dont la chute a laissé des traces dans plusieurs mondes |
Plusieurs Éclats peuvent s’affronter, se détruire ou fusionner, et leurs « vaisseaux » peuvent changer. Une partie des intrigues les plus ambitieuses du Cosmère repose sur ces luttes à l’échelle divine, que les personnages humains découvrent peu à peu.
Le vaisseau et l’intention
Un Éclat n’est pas un dieu au sens classique. C’est un pouvoir immense porté par une personne, le « vaisseau », qui garde sa propre personnalité. Avec le temps, pourtant, l’intention de l’Éclat déborde l’individu : celui qui détient la Préservation devient incapable de prendre des risques, celui qui détient la Ruine ne peut que détruire. Cette tension entre l’humain et la fonction est l’une des idées les plus riches de Sanderson. Elle donne à ses dieux une profondeur tragique et laisse entendre qu’aucun pouvoir absolu ne reste longtemps entre les mains de quelqu’un de sain.
Pourquoi les Éclats comptent pour le lecteur
Dans les premiers livres, les Éclats restent à l’arrière-plan, sous forme de religions, de légendes ou de forces naturelles. Les personnages ignorent presque tout de la cosmologie qui les dépasse. Le lecteur attentif, lui, remarque qu’un dieu local ressemble étrangement à celui d’un autre monde, ou qu’une prophétie fait écho à une autre. Peu à peu, à mesure que les séries avancent, ces puissances deviennent des acteurs directs de l’intrigue, et l’on comprend que certains Éclats mènent une guerre à l’échelle de l’univers. C’est ce fil, plus encore que Hoid, qui donne au Cosmère son ampleur.
Les liens entre les séries
Le plaisir du Cosmère, c’est de repérer les points communs entre des livres qui semblent sans rapport :
- Hoid est le personnage le plus célèbre du Cosmère. Conteur, mendiant, bouffon du roi ou simple passant, il apparaît dans presque tous les livres, souvent sous un autre nom. Il en sait beaucoup plus que tout le monde, et c’est le narrateur de Tress of the Emerald Sea.
- Les Mondoyeurs (worldhoppers), des personnages capables de voyager entre les planètes, apparaissent discrètement dans les décors.
- Les trois Royaumes, physique, cognitif et spirituel, offrent une métaphysique commune à tous les mondes et servent de route aux voyageurs.
- Les épigraphes placées en tête de chapitre, dans plusieurs livres, sont des lettres échangées entre des personnages qui connaissent tout le Cosmère.
- Les annexes baptisées Ars Arcanum, à la fin de plusieurs romans, sont rédigées par une érudite venue d’un autre monde, qui compare les magies entre elles comme un naturaliste.
Ces liens sont d’abord des clins d’œil, puis deviennent de plus en plus importants dans les derniers livres des Archives de Roshar et de l’ère 2 des Fils-des-Brumes. C’est pourquoi l’ordre de lecture compte un peu, sans être une obligation.
Hoid, le fil rouge
Hoid mérite qu’on s’y attarde. Dans Elantris, c’est un vieux conteur ; dans Fils-des-Brumes, un informateur des bas-fonds ; sur Roshar, il est le « Bouffon » du roi, aussi insolent que brillant. Ses apparitions sont parfois de simples caméos, parfois des scènes clés : il raconte une histoire, lance une phrase énigmatique, échange un objet. Les lecteurs s’amusent à le repérer, un peu comme on guette l’apparition d’Hitchcock dans ses films.
Son rôle grandit au fil des livres, au point qu’il devient l’un des personnages centraux des Archives de Roshar. Sanderson a promis de raconter un jour ses origines, dans une série encore à écrire. En attendant, notre conseil est simple : chaque fois que vous croisez un personnage étrangement bien informé, qui parle par énigmes et semble venir de nulle part, prêtez l’oreille.
Les voyageurs entre les mondes
D’autres personnages franchissent les frontières entre les planètes. Certains viennent de Warbreaker et réapparaissent sur Roshar sous d’autres noms, ce qui explique notre insistance sur l’ordre de lecture. D’autres sont des agents de sociétés secrètes interplanétaires, dont on devine les manœuvres en arrière-plan. Les objets eux-mêmes voyagent : une arme née sur un monde peut finir sur un autre, avec des conséquences inattendues.
Ces croisements récompensent la lecture complète sans jamais l’exiger. Un lecteur qui ne connaît que Roshar verra simplement un personnage mystérieux ; celui qui a lu Warbreaker aura un frisson de reconnaissance. C’est cette double lecture qui fait du Cosmère un plaisir de collectionneur, et qui alimente des communautés de fans très actives.
Dans quel ordre lire le Cosmère ?
Il n’existe pas d’ordre obligatoire, mais trois parcours reviennent le plus souvent.
Parcours 1 : le plus accessible (notre conseil)
- L’Empire ultime, Le Puits de l’Ascension, Le Héros des Siècles (Fils-des-Brumes, ère 1)
- Warbreaker
- La Voie des rois puis la suite des Archives de Roshar
- L’Alliage de la justice et l’ère 2 des Fils-des-Brumes
- Elantris et L’Âme de l’empereur
- Les romans indépendants récents : Tress of the Emerald Sea, Yumi and the Nightmare Painter, The Sunlit Man
Commencer par Fils-des-Brumes permet de découvrir Sanderson avec une trilogie complète, rythmée et accessible. Warbreaker doit être lu avant le tome 3 des Archives de Roshar, où l’un de ses personnages joue un rôle important.
Parcours 2 : l’ordre de publication
Pour suivre l’évolution de l’auteur et les révélations dans l’ordre où il les a voulues : Elantris (2005), Fils-des-Brumes (2006-2008), Warbreaker (2009), La Voie des rois (2010), puis les livres suivants à mesure de leur parution.
C’est le parcours des puristes, et il a un vrai mérite : vous découvrez les liens au rythme où les premiers lecteurs les ont découverts. Son défaut est de commencer par Elantris, le roman le plus vert de l’auteur, et d’alterner ensuite des tons très différents.
Parcours 3 : une porte d’entrée légère
Si les pavés vous font peur, commencez par L’Âme de l’empereur, une novella récompensée par le prix Hugo, ou par Tress of the Emerald Sea, un conte drôle et autonome.
Où placer les novellas et les nouvelles ?
Les textes courts du Cosmère sont faciles à mal placer, et certains dévoilent la fin d’une série. Voici nos repères :
| Texte | À lire après | Pourquoi |
|---|---|---|
| Mistborn: Secret History | Le Héros des Siècles (et idéalement l’ère 2) | Il revisite la première trilogie et en dévoile les coulisses |
| Dansecorde (Edgedancer) | Le Livre des Radieux | Il suit une jeune héroïne secondaire entre les tomes 2 et 3 |
| Éclat de l’aube (Dawnshard) | Justicière | Il se déroule entre les tomes 3 et 4 de Roshar |
| L’Âme de l’empereur | N’importe quand | Totalement autonome |
| Sixth of the Dusk, Shadows for Silence… | N’importe quand | Autonomes, mais plus riches avec un peu de culture du Cosmère |
En français, plusieurs de ces textes sont réunis dans le recueil Sixième du crépuscule et autres nouvelles (Le Livre de Poche), qui contient notamment Dansecorde (BDFI).
Quel parcours selon votre profil ?
Si vous lisez surtout des thrillers ou des polars, commencez par Fils-des-Brumes : le premier tome est construit comme un film de casse, et vous serez en terrain connu. Si vous avez grandi avec la Terre du Milieu ou La Roue du Temps et que les cycles de dix tomes ne vous effraient pas, plongez directement dans La Voie des rois, en acceptant un démarrage lent. Si vous cherchez une lecture d’été, prenez Tress of the Emerald Sea ou Warbreaker. Et si vous voulez juger l’écrivain sur pièce en un soir, L’Âme de l’empereur suffit.
Un dernier conseil de libraire : ne vous forcez pas à tout lire dans un ordre parfait. Les liens du Cosmère sont conçus pour être découverts dans le désordre, et l’auteur veille à ce qu’aucun livre ne devienne incompréhensible si l’on n’a pas lu les autres.
Attention au découpage français. Les romans des Archives de Roshar sont publiés en deux volumes chacun en France, chez Le Livre de Poche (Orbit) (BDFI). La Voie des rois compte donc deux tomes français pour un seul roman original. Vérifiez la numérotation avant d’acheter.
Le Cosmère et les autres œuvres de Sanderson
Tous les livres de Sanderson n’appartiennent pas au Cosmère. Sa trilogie Les Reckoners, sa saga de science-fiction Skyward, la série jeunesse Alcatraz, The Rithmatist ou les novellas de Légion se déroulent dans des univers séparés. Il en va de même de The Frugal Wizard’s Handbook for Surviving Medieval England, le seul des quatre romans secrets de 2022 extérieur au Cosmère.
Ces livres ne contiennent pas Hoid, et c’est d’ailleurs un bon test pour les lecteurs qui se demandent si un titre fait partie de l’ensemble. Ils peuvent se lire avant, après ou entre les livres du Cosmère sans aucune conséquence.
À l’écran, le Cosmère devrait bientôt prendre une nouvelle dimension : en février 2026, Apple TV a acquis les droits de l’univers, avec un projet de films pour Fils-des-Brumes et de série pour Les Archives de Roshar, Sanderson étant associé comme producteur (Weintraub Tobin). Pour situer cet univers parmi les grandes familles du genre, voyez aussi notre page sur les sous-genres de la fantasy.
Questions fréquentes
Faut-il tout lire pour comprendre le Cosmère ?
Non. Chaque série se lit indépendamment. Les liens entre les livres enrichissent la lecture, mais ne sont jamais indispensables pour suivre une histoire.
Par quel livre du Cosmère commencer ?
Par L’Empire ultime, premier tome de Fils-des-Brumes. C’est la porte d’entrée la plus souvent recommandée.
Qui est Hoid ?
Un mystérieux voyageur qui apparaît dans presque tous les livres du Cosmère, souvent sous un autre nom. Il est l’un des rares personnages à connaître l’histoire de l’univers, et il joue un rôle de plus en plus important.
La Roue du Temps fait-elle partie du Cosmère ?
Non. Sanderson a terminé La Roue du Temps de Robert Jordan, mais cette saga n’a aucun lien avec le Cosmère.
Combien de livres compte le Cosmère ?
Une vingtaine de romans et novellas publiés à ce jour, et Sanderson prévoit encore de nombreux livres, dont la seconde moitié des Archives de Roshar et plusieurs ères de Fils-des-Brumes.
Le Cosmère est-il terminé ?
Loin de là. Sanderson a exposé un plan qui court sur plusieurs décennies : une troisième ère de Fils-des-Brumes dans un monde plus moderne, le second arc des Archives de Roshar, puis des récits de science-fiction où les mondes du Cosmère communiquent entre eux. Ce calendrier évolue régulièrement au gré de ses annonces.
Peut-on lire les Archives de Roshar sans avoir lu Fils-des-Brumes ?
Oui, sans difficulté. Vous passerez seulement à côté de quelques clins d’œil, qui prendront tout leur sens si vous lisez Fils-des-Brumes ensuite. Seul Warbreaker mérite vraiment d’être lu avant le troisième tome.
À partir de quel âge lire le Cosmère ?
Dès 13 ou 14 ans pour un bon lecteur. Les livres comportent des combats et des moments durs (esclavage, deuil, dépression), mais ils restent pudiques et sans scènes explicites.
Pour aller plus loin
- Brandon Sanderson : livres et ordre de lecture
- La Roue du Temps : guide de la saga
- Les sous-genres de la fantasy expliqués
