Le Seigneur des Anneaux : résumé, analyse et éditions

Le Seigneur des Anneaux est souvent élu « livre du siècle » par les lecteurs, et c’est le roman qui a donné à la fantasy moderne sa forme. On le présente comme une trilogie ; ce n’est pas tout à fait vrai. J.R.R. Tolkien l’a conçu comme un seul long roman, divisé en six livres et suivi d’appendices. C’est son éditeur qui, en raison de la pénurie de papier d’après-guerre et de la longueur du texte, l’a publié en trois volumes, en 1954 et 1955.

Cette page vous propose un résumé complet, les personnages principaux, les grands thèmes, le style, l’histoire de son écriture et de sa réception, un point sur les traductions françaises et les principales différences avec les films de Peter Jackson. Si vous n’avez pas encore lu le roman, le résumé ci-dessous en révèle la fin : sautez directement aux personnages et aux thèmes.

Résumé du Seigneur des Anneaux (attention, la fin est révélée)

La Communauté de l’Anneau (livres I et II)

Soixante ans après les aventures racontées dans Le Hobbit, Bilbon Sacquet quitte la Comté au soir de son cent onzième anniversaire et laisse à son neveu Frodon un anneau trouvé autrefois. Des années plus tard, le magicien Gandalf découvre qu’il s’agit de l’Anneau unique, forgé par Sauron, le Seigneur des Ténèbres, pour dominer tous les autres. Sauron le cherche pour reprendre le pouvoir.

Frodon fuit la Comté avec trois amis hobbits, Sam, Merry et Pippin, poursuivi par les Cavaliers noirs. Le livre I est un long voyage initiatique : la Vieille Forêt et son saule malveillant, la maison hospitalière de Tom Bombadil, les tumulus hantés des Hauts des Galgals. Guidés par un rôdeur nommé Grands-Pas, en réalité Aragorn, héritier des rois, ils gagnent Fondcombe, non sans que Frodon soit gravement blessé par le chef des Cavaliers sur le mont Venteux. Là, le Conseil d’Elrond décide qu’il faut détruire l’Anneau en le jetant dans la Montagne du Destin, au cœur du Mordor. Frodon se porte volontaire.

Neuf compagnons forment la Communauté de l’Anneau : quatre hobbits, Gandalf, Aragorn, Boromir du Gondor, l’elfe Legolas et le nain Gimli. Repoussés par la neige au col du Caradhras, ils passent sous la montagne. Dans les mines de la Moria, Gandalf tombe en affrontant un Balrog. Après un passage par la forêt de Lothlórien, où règne Galadriel, la Communauté descend le grand fleuve en barque. Boromir tente de s’emparer de l’Anneau. Frodon décide de partir seul pour le Mordor ; Sam refuse de le laisser.

Les Deux Tours (livres III et IV)

La Communauté est dispersée. Boromir meurt en défendant Merry et Pippin, enlevés par des Orques. Aragorn, Legolas et Gimli se lancent à leur poursuite et retrouvent Gandalf, revenu de la mort sous la forme de Gandalf le Blanc. Ils libèrent le roi Théoden du Rohan de l’emprise du magicien Saruman, et défendent le gouffre de Helm. Pendant ce temps, Merry et Pippin réveillent les Ents, les bergers des arbres, qui détruisent Isengard, la forteresse de Saruman. Le livre III se clôt sur une imprudence de Pippin, qui regarde dans une pierre de vision, le palantír, et attire sur lui le regard de Sauron.

De leur côté, Frodon et Sam progressent vers le Mordor, guidés par Gollum, l’ancien porteur de l’Anneau, à la fois serviable et traître. Ils traversent les Marais des Morts, où des visages de noyés luisent sous l’eau, trouvent la Porte Noire infranchissable et bifurquent vers le sud. En Ithilien, ils sont capturés puis relâchés par Faramir, frère de Boromir. Gollum les mène ensuite dans l’antre d’Arachne, une araignée géante. Frodon est piqué et capturé par les Orques ; Sam, le croyant mort, prend l’Anneau.

Le Retour du Roi (livres V et VI)

Sauron lance ses armées contre Minas Tirith, la capitale du Gondor, que gouverne l’Intendant Denethor, rongé par le désespoir. Aragorn, lui, emprunte les Chemins des Morts pour rallier une armée de spectres parjures et briser la flotte ennemie. La cité résiste grâce à l’arrivée des cavaliers du Rohan, puis à celle d’Aragorn. Éowyn, nièce de Théoden, et Merry tuent le Roi-Sorcier, chef des Cavaliers noirs. Pour détourner l’attention de Sauron, Aragorn mène une armée devant les portes du Mordor.

Sam délivre Frodon. Épuisés, les deux hobbits traversent le Mordor sous le poids grandissant de l’Anneau et atteignent la Montagne du Destin. Au dernier moment, Frodon ne peut se résoudre à détruire l’Anneau et le passe à son doigt. Gollum le lui arrache, en lui tranchant le doigt d’un coup de dents, et tombe dans les flammes avec son trésor. Sauron est vaincu.

Aragorn est couronné roi et épouse Arwen, fille d’Elrond. Les hobbits rentrent chez eux et trouvent la Comté sous la coupe de Saruman, qu’ils doivent chasser : c’est le chapitre du « Nettoyage de la Comté ». Blessé à jamais, Frodon finit par quitter la Terre du Milieu avec Bilbon, Gandalf et les Elfes, vers les Terres immortelles de l’Ouest. Le dernier mot revient à Sam, rentré chez lui auprès de sa famille.

Le prologue et les appendices

Le roman s’ouvre sur un prologue consacré aux Hobbits (leurs mœurs, leur histoire, leur goût pour l’herbe à pipe) et se referme sur une centaine de pages d’appendices. On y trouve les annales des rois du Gondor et du Rohan, l’histoire de la lignée de Durin, une chronologie détaillée, des arbres généalogiques, les calendriers et des notes sur les langues et les écritures. C’est là que se cache l’histoire d’amour d’Aragorn et Arwen, presque absente du récit principal, et c’est l’une des plus belles pages que Tolkien ait écrites.

Les personnages principaux

Personnage Peuple Son rôle
Frodon Sacquet Hobbit Le Porteur de l’Anneau, chargé de le détruire
Samsagace Gamegie (Sam) Hobbit Le jardinier et l’ami fidèle de Frodon ; Tolkien le considérait comme le vrai héros
Meriadoc (Merry) et Peregrin (Pippin) Hobbits Les cousins de Frodon, qui grandissent au fil de la guerre
Gandalf Maia (esprit envoyé sous forme humaine) Le magicien qui guide les peuples libres contre Sauron
Aragorn Homme (Dúnedain) L’héritier caché du trône du Gondor
Legolas Elfe Archer, fils du roi de la Forêt Noire
Gimli Nain Fils de Glóin, l’un des compagnons de Bilbon dans Le Hobbit
Boromir et Faramir Hommes du Gondor Deux frères, l’un tenté par l’Anneau, l’autre capable d’y renoncer
Gollum (Sméagol) Hobbit déchu L’ancien porteur de l’Anneau, rongé par son désir de le reprendre
Saruman Maia Le chef des magiciens, passé à l’ennemi
Sauron Maia Le Seigneur des Ténèbres, qui n’apparaît jamais en personne
Éowyn Femme du Rohan La nièce du roi, qui refuse de rester à l’écart de la guerre
Galadriel Elfe La Dame de Lothlórien, qui refuse elle aussi la tentation de l’Anneau

Pour mieux comprendre les peuples et les lieux évoqués, consultez notre guide de la Terre du Milieu.

Frodon et Sam : le cœur du roman

On réduit souvent Frodon à un héros passif, et c’est une erreur de lecture, en partie entretenue par les films. Dans le livre, Frodon est un hobbit mûr (il a cinquante ans au départ), lettré, lucide sur la mission qu’il accepte, et sa lente usure sous le poids de l’Anneau est l’un des portraits de souffrance les plus justes de la littérature. Son échec final n’est pas une faiblesse morale : aucun être, dit Tolkien dans ses lettres, n’aurait pu résister à l’Anneau à cet endroit-là.

Sam, lui, commence comme un jardinier un peu niais, amoureux des contes d’elfes, et finit par porter son maître sur son dos. Son humour, son bon sens et sa fidélité donnent au roman sa chaleur. Que le dernier chapitre lui revienne n’est pas un hasard : c’est lui qui rentre, qui reconstruit, qui vit.

Aragorn, Boromir, Faramir : trois visages du pouvoir

Ces trois hommes forment un trio passionnant. Aragorn attend son heure depuis des décennies, et ne réclame sa couronne qu’une fois la guerre gagnée : sa royauté se prouve par sa capacité à guérir, pas à conquérir. Boromir, courageux et loyal, est perdu par son désir de sauver son peuple à tout prix ; sa chute et sa rédemption sont parmi les scènes les plus humaines du livre. Faramir, enfin, refuse l’Anneau sans même hésiter : c’est le personnage auquel Tolkien disait le plus ressembler.

Gollum, le personnage le plus moderne

Gollum est un personnage d’une étonnante complexité. Hobbit de rivière devenu meurtrier pour l’Anneau, il a vécu des siècles dans l’ombre, et deux voix se disputent en lui : celle de Sméagol, qui pourrait encore être sauvé, et celle de Gollum, dévoré par le désir. La gentillesse de Frodon manque de le ramener vers la lumière, et c’est un geste brusque de Sam qui, sans le vouloir, le rejette dans les ténèbres. Tolkien a décrit ce moment comme l’un des plus tragiques de l’œuvre.

Les femmes du roman

On reproche souvent au Seigneur des Anneaux le petit nombre de ses personnages féminins, et la critique est fondée. Mais celles qui sont là comptent. Éowyn, qui étouffe dans le rôle qu’on lui assigne, se déguise pour partir à la guerre et accomplit l’exploit que nul homme ne pouvait accomplir. Galadriel, l’une des plus puissantes figures de la Terre du Milieu, passe l’épreuve de l’Anneau là où Boromir échoue. Arwen, discrète dans le récit, fait le choix le plus lourd de tous : renoncer à l’immortalité.

Les grands thèmes du Seigneur des Anneaux

Le pouvoir qui corrompt

L’Anneau donne le pouvoir, et ce pouvoir détruit ceux qui le désirent. Boromir, Saruman, Gollum en sont les victimes. Les plus sages, Gandalf ou Galadriel, refusent de le toucher, sachant qu’ils l’utiliseraient d’abord pour le bien, puis pour le pire. Le roman ne raconte pas la conquête d’une arme, mais le renoncement à une arme.

La force des petits

Ce ne sont pas les rois ni les magiciens qui sauvent le monde, mais deux hobbits ordinaires. Tolkien voyait en Sam un hommage aux simples soldats qu’il avait connus pendant la Première Guerre mondiale, et que leur courage tranquille rendait admirables.

La pitié et la miséricorde

Au début du roman, Frodon regrette que Bilbon n’ait pas tué Gollum. Gandalf lui répond que la pitié de Bilbon pourrait bien décider du sort de beaucoup. C’est exactement ce qui arrive : sans Gollum, l’Anneau ne serait jamais détruit. La miséricorde, et non la force, rend la victoire possible.

La nature contre la machine

Isengard, avec ses forges et ses arbres abattus, et la Comté défigurée à la fin du roman, expriment la méfiance de Tolkien envers l’industrialisation. Les Ents, gardiens de la forêt, en sont la revanche.

La mort et le désir d’immortalité

Tolkien a écrit que son vrai sujet était la mort, et le désir d’y échapper. Les Nazgûl sont des rois qui ont voulu vivre sans fin et sont devenus des ombres ; l’Anneau prolonge la vie de Gollum et de Bilbon en les « étirant » jusqu’à l’usure. À l’inverse, Aragorn meurt en paix, en acceptant sa condition. Le roman propose ainsi une méditation sur la finitude d’une rare profondeur, que l’on mesure surtout à la relecture.

L’espérance sans garantie

Personne, dans le roman, n’est sûr de gagner. Gandalf lui-même parle d’une « folle » espérance. Les personnages agissent parce que c’est juste, non parce que c’est raisonnable, et la victoire arrive par des voies que nul n’avait prévues. Ce refus du désespoir, face à des forces écrasantes, explique pourquoi tant de lecteurs reviennent au livre dans les périodes sombres.

Une allégorie ? Tolkien dit non

Parce que le roman a été écrit pendant la Seconde Guerre mondiale, on y a vite vu une allégorie : l’Anneau serait la bombe atomique, Sauron serait Hitler ou Staline. Tolkien a répondu à ces lectures dans l’avant-propos de la deuxième édition. Il y rappelle que l’essentiel de l’intrigue était fixé bien avant la guerre, et que si celle-ci avait inspiré le livre, l’Anneau aurait été utilisé contre Sauron, et non détruit. Il distingue surtout l’allégorie, où l’auteur impose un sens, de l’« applicabilité », où chaque lecteur rapproche librement l’histoire de sa propre expérience. C’est sans doute ce qui explique la longévité du roman : chaque génération y lit ses propres combats, de l’écologie à la résistance aux tyrannies, sans que le texte se réduise à aucun d’eux.

La perte et la nostalgie

La victoire a un prix. Les Elfes quittent la Terre du Milieu, la magie s’efface, et Frodon, blessé, ne peut plus vivre en paix dans la Comté qu’il a sauvée. Le roman est traversé par une mélancolie profonde, celle d’un monde qui finit.

Le style : un roman à plusieurs voix

Ce qui frappe à la lecture, c’est la variété des registres. Les premiers chapitres ont le ton familier et malicieux du Hobbit ; plus la Communauté s’éloigne de la Comté, plus la langue s’élève, jusqu’au style épique et archaïsant des chapitres du Gondor, qui rappellent les chroniques médiévales. Les hobbits parlent comme des villageois anglais, Aragorn passe d’un registre à l’autre selon qu’il est rôdeur ou roi. C’est voulu, et c’est l’une des richesses du texte.

Le roman est aussi parsemé de chansons et de poèmes, plusieurs dizaines au total, que beaucoup de lecteurs sautent. Nous vous conseillons de les lire, au moins à voix basse : ils donnent à chaque peuple sa mémoire et sa musique. Quant aux longues descriptions de paysages, elles sont la façon qu’a Tolkien de faire sentir la fatigue, la distance et le temps du voyage.

Il faut le dire franchement : le début est lent. Les chapitres dans la Comté et la traversée de la Vieille Forêt découragent certains lecteurs habitués à des intrigues plus rapides. Notre conseil : tenez jusqu’à l’arrivée à Bree. À partir de là, le roman ne vous lâche plus.

Genèse : douze ans d’écriture

Après le succès du Hobbit en 1937, l’éditeur de Tolkien réclame une suite. Tolkien commence à écrire à la fin de la même année, en pensant à un nouveau récit pour enfants. Mais l’histoire lui échappe : elle s’assombrit, s’élargit et rejoint la mythologie qu’il construit depuis vingt ans.

Les brouillons publiés plus tard par son fils Christopher montrent combien le récit a tâtonné. Dans les premières versions, le mystérieux rôdeur rencontré à Bree est un hobbit aux chaussures de bois, nommé Trotter ; il faudra des années pour qu’il devienne Aragorn, héritier d’Isildur. L’écriture s’interrompt longuement à plusieurs reprises, notamment devant le tombeau de Balin dans la Moria, où le manuscrit reste en suspens pendant des mois.

Il met douze ans à l’achever, en parallèle de son métier de professeur et pendant la Seconde Guerre mondiale. Il envoie des chapitres à son fils Christopher, alors en formation dans l’aviation en Afrique du Sud, et les lit à ses amis Inklings, dont C.S. Lewis. Le roman terminé, il faut encore le taper à la machine, réviser les appendices, harmoniser les calendriers : Tolkien vérifie jusqu’aux phases de la lune pour que les chapitres parallèles concordent.

Vient ensuite une longue négociation. Tolkien veut publier Le Seigneur des Anneaux avec Le Silmarillion, ce que son éditeur refuse ; il tente sa chance ailleurs, sans succès, avant de revenir chez Allen & Unwin. Rayner Unwin, le fils de l’éditeur, propose un partage des bénéfices plutôt qu’un pourcentage classique, pari qui s’avérera très rentable pour l’auteur. Le livre paraît en trois volumes : La Communauté de l’Anneau et Les Deux Tours en 1954, Le Retour du Roi en 1955. Tolkien n’aimait guère ce dernier titre, qui selon lui dévoilait trop la fin.

Réception : du mépris des critiques au livre du siècle

La critique de 1954 est partagée. Le poète W.H. Auden, qui avait suivi ses cours à Oxford, défend le livre avec ferveur ; d’autres, comme l’Américain Edmund Wilson, le balaient comme un conte pour enfants trop long. Ce clivage entre l’enthousiasme des lecteurs et la méfiance d’une partie du monde littéraire durera des décennies.

Le succès est d’abord discret, puis immense dans les années 1960, quand une édition de poche fait de Tolkien une idole des campus américains. À la fin des années 1990, une grande enquête menée auprès des lecteurs britanniques le désigne livre du siècle, à la consternation de certains critiques ; en 2003, le vaste sondage de la BBC, The Big Read, le place encore en tête. Aujourd’hui, le roman est étudié à l’université, traduit dans des dizaines de langues, et reste la référence absolue de ce que l’on appelle la high fantasy.

Son influence sur le genre est immense : de la quête collective aux cartes en ouverture, des peuples non humains aux appendices, tout un pan de la fantasy en découle. Notre histoire de la fantasy retrace cette filiation, de ses imitateurs des années 1970 aux auteurs qui ont voulu prendre le contre-pied de Tolkien.

Quelle traduction et quelle édition choisir ?

En France, Le Seigneur des Anneaux est publié par Christian Bourgois, qui a lancé la traduction au début des années 1970, et deux traductions coexistent.

  • La traduction de Francis Ledoux (années 1970) a fait découvrir Tolkien à des générations de lecteurs français. Son style est élégant, mais elle contient des erreurs, des omissions et des incohérences dans les noms, et traduit parfois librement les poèmes.
  • La traduction de Daniel Lauzon (années 2010) est plus fidèle au texte, au rythme et aux différents registres de langue de Tolkien, et retraduit entièrement les poèmes. Elle a modifié certains noms : le premier volume s’intitule désormais La Fraternité de l’Anneau, et Grands-Pas devient l’Arpentepied.

Aucune n’est « mauvaise ». Si vous découvrez le roman, la traduction de Daniel Lauzon est généralement recommandée. Si vous relisez le livre de votre enfance, la traduction de Ledoux vous fera retrouver vos repères.

Notre avis de libraire va plus loin : c’est surtout sur les variations de ton que Lauzon fait la différence. Chez Ledoux, Sam et Aragorn parlent souvent de la même façon ; chez Lauzon, on entend à nouveau la gouaille du jardinier et la solennité du roi, comme dans l’original. Les noms nouveaux surprennent pendant quelques chapitres, puis on les oublie. Si un nom vous gêne vraiment, rassurez-vous : l’immense majorité des noms familiers (Frodon, Bilbon, la Comté, Fondcombe, le Poney Fringant) n’ont pas changé.

Format Pour qui
Poche en trois volumes Une première lecture à petit prix
Édition en un volume Pour lire le roman comme Tolkien l’a pensé, d’un seul tenant, avec les appendices
Éditions illustrées (Alan Lee, ou les dessins de Tolkien lui-même) Pour offrir ou pour une relecture
Coffrets avec Le Hobbit Pour découvrir toute la Terre du Milieu

Le saviez-vous ? Les éditions en un volume sont lourdes à tenir, mais ce sont souvent les seules à inclure l’intégralité des appendices et un index. Si vous partez sur le poche, vérifiez que votre troisième volume les contient bien.

Le livre face aux films de Peter Jackson

La trilogie de Peter Jackson (2001-2003) est une adaptation remarquable et largement fidèle, couronnée de 17 Oscars. Mais elle fait des choix qui surprennent les lecteurs du livre.

Dans le livre Dans les films
Dix-sept ans s’écoulent entre le départ de Bilbon et celui de Frodon Le départ semble suivre de quelques semaines
Tom Bombadil accueille les hobbits dans la Vieille Forêt Le personnage est absent
Glorfindel, un seigneur elfe, aide Frodon à rejoindre Fondcombe C’est Arwen qui le sauve
Faramir résiste à la tentation de l’Anneau presque aussitôt Il hésite et emmène Frodon jusqu’à Osgiliath
Les Elfes ne combattent pas au gouffre de Helm Une armée elfe vient prêter main-forte
Les hobbits libèrent la Comté occupée par Saruman (« Le Nettoyage de la Comté ») Le chapitre est supprimé ; Saruman meurt plus tôt
Frodon reste plus actif et décidé, et ne chasse jamais Sam Frodon renvoie Sam sur la foi des mensonges de Gollum

Le dernier point est le plus discuté : la suppression du « Nettoyage de la Comté » retire l’une des idées centrales du livre, celle que la guerre atteint aussi le pays natal, et que les héros reviennent changés.

D’autres différences, plus discrètes, changent le sens de certains personnages. Dans le livre, les Ents décident seuls d’entrer en guerre, au terme d’une longue assemblée ; dans le film, Pippin doit les y pousser par une ruse. L’armée des Morts n’arrive pas sur les champs du Pelennor : Aragorn la libère après la bataille de Pelargir, et ce sont des renforts bien vivants du sud du Gondor qui débarquent. Denethor, enfin, est à l’écran un vieillard presque fou ; dans le roman, c’est un homme d’une intelligence redoutable, brisé par ce qu’il a vu dans son palantír, ce qui rend sa chute bien plus tragique.

Ces choix s’expliquent par les contraintes du cinéma (resserrer, rendre visibles des enjeux intérieurs, donner un rôle à Arwen), et beaucoup fonctionnent très bien à l’écran. Notre conseil : regardez les versions longues, plus fidèles et plus riches, et lisez le livre ensuite pour tout ce que la caméra ne peut pas montrer, à commencer par les pensées de Frodon et de Sam pendant la traversée du Mordor.

Un nouveau film, The Hunt for Gollum, situé pendant les événements de La Communauté de l’Anneau, est annoncé en salles pour décembre 2027.

Si vous avez aimé Le Seigneur des Anneaux, lisez…

  • Le Silmarillion et Contes et légendes inachevés, pour remonter aux sources de la Terre du Milieu.
  • La Roue du Temps de Robert Jordan, qui commence volontairement comme un hommage à Tolkien avant de bâtir son propre monde, immense.
  • Terremer d’Ursula K. Le Guin, pour une fantasy aussi profonde mais plus intime, où la magie est une affaire de mots et d’équilibre.
  • L’Assassin royal de Robin Hobb, pour l’émotion et des personnages que l’on suit sur des milliers de pages.
  • Le Trône de fer de George R.R. Martin, si vous voulez voir ce que devient la fantasy épique quand elle se demande comment gouverner après la victoire.

Questions fréquentes

Le Seigneur des Anneaux est-il une trilogie ?

Non. C’est un seul roman, publié en trois volumes pour des raisons éditoriales. Tolkien l’a divisé en six livres et l’a complété par des appendices.

Dans quel ordre lire les tomes ?

Dans l’ordre de parution : La Communauté de l’Anneau (ou La Fraternité de l’Anneau chez Lauzon), Les Deux Tours, puis Le Retour du Roi. Les deux tomes suivants commencent exactement là où s’arrête le précédent : ce sont les parties d’un même roman, pas des histoires indépendantes.

Faut-il lire Le Hobbit avant Le Seigneur des Anneaux ?

C’est conseillé, sans être obligatoire. Le Hobbit raconte comment Bilbon a trouvé l’Anneau, et prépare au ton et au monde du Seigneur des Anneaux. Le premier chapitre du Seigneur des Anneaux résume néanmoins l’essentiel.

Combien de pages fait Le Seigneur des Anneaux ?

Environ 1 200 à 1 500 pages selon les éditions, appendices compris.

Combien de temps faut-il pour le lire ?

Tout dépend de votre rythme, mais comptez plusieurs semaines pour un lecteur régulier. Ne cherchez pas à aller vite : c’est un livre qui récompense la lenteur, et beaucoup de lecteurs gardent un souvenir ému des soirées passées dedans.

À partir de quel âge lire Le Seigneur des Anneaux ?

Souvent à partir de 12 ou 13 ans pour un bon lecteur. Le style et la longueur peuvent décourager plus tôt : Le Hobbit est une meilleure porte d’entrée pour les plus jeunes.

Le livre est-il difficile à lire ?

Moins qu’on ne le dit. La langue est claire, mais le début est lent, les noms nombreux et les descriptions longues. Gardez la carte sous la main, ne vous arrêtez pas aux poèmes si vous peinez, et laissez-vous porter : passé le premier quart, la plupart des lecteurs ne lâchent plus le livre.

Pourquoi les aigles n’emmènent-ils pas Frodon au Mordor ?

C’est la question favorite des lecteurs. Dans le roman, les aigles ne sont pas des montures au service des peuples libres, et le vol vers le Mordor aurait été repéré par Sauron, dont l’œil surveille le ciel. La discrétion d’un petit hobbit était la seule chance.

Qui est Tom Bombadil ?

Un personnage énigmatique, maître de la Vieille Forêt, sur qui l’Anneau n’a aucun pouvoir. Tolkien a refusé de l’expliquer : il le voyait comme une énigme volontaire, une part du monde qui échappe à la logique du pouvoir. Il est absent des films, ce qui fait de lui l’une des belles surprises du livre.

Pour aller plus loin

Sources

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